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Ce
parasite déjà décrit en 1909, a été incriminé comme agent d'une
maladie congénitale chez l'homme vers le début des années 40.
La reproduction sexuée du parasite chez le chat ainsi que la
production d'oocystes n'a été décrit que vers le début des années
70, révélant ainsi l'importance du chat comme réservoir d'infection.
En santé humaine, on a bien retenu ce rôle du chat et on a décrit
des règles d'hygiène s'inspirant parfois plus de la phobie que de la réalité.
Depuis
cette époque, les recherches ont précisé l'épidémiologie de cette
maladie, mais malheureusement, beaucoup de fausses croyances sont demeurées
d'actualité. Ainsi, toutes
les recommandations des spécialistes visent encore à minimiser le
contact avec cet animal si ce n'est à l'éliminer complètement (les
femmes enceintes devaient se débarrasser de leur animal sous peine
d'avorter ou de donner naissance à un enfant handicapé).
Et la campagne de terreur a tellement bien fonctionné qu'on en
subit encore aujourd'hui les contrecoups.
On a euthanasié trop de chats pour se protéger de la
toxoplasmose.
Un examen plus raisonné de la
situation, nous a montré que le chat jouait un rôle important dans la
transmission du parasite mais pas de la façon proposée au départ.
En fait, l'humain ne s'infecte qu'exceptionnellement au contact
direct avec le chat; il s'infecte presque toujours par sa propre
alimentation. À vouloir
mettre toutes les fautes sur le chat, on en a oublié de s'attaquer au véritable
problème. Il devient
urgent de corriger la situation.
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Le
problème dans la population
Pour plus de 90% des gens,
l'infection va passer inaperçu. Plusieurs
personnes vont ressentir une fièvre légère et un peu de malaises
facilement identifiés à une grippe quelconque.
Certains peuvent observer une enflure des ganglions,
principalement ceux de la région du cou.
Une forte proportion des femmes enceintes et qui s'infectent de
ce parasite, ne développeront aucun symptôme également.
Les
problèmes chez les enfants
De 5% à .01% des femmes
enceintes contractent l'infection; en Amérique du nord, on considère
qu'environ une personne sur 10,000 va transmettre le parasite au fœtus,
soit environ 50% des cas d'infection de la mère en période de
grossesse. Malheureusement, on a décrit récemment que, chez un groupe
d'enfants nés d'une mère ayant contracté la toxoplasmose durant la
grossesse, 92% ont développé des séquelles en moins de 7 ans. On a observé des problèmes de choriorétinite récurrente
(cécité plus ou moins prononcée), d'hydrocéphalie, de microcéphalie,
de crises épileptiformes, de retard psychomoteur, ainsi que de problèmes
au cervelet, une perte d'acuité auditive, un quotient intellectuel
faible et en diminution, ainsi qu'une puberté prématurée.
Tous ces problèmes font craindre, et à juste raison, la maladie
chez les enfants.
Le
problème chez les sidéens
Le problème est plus aigu chez
les sidéens puisque plus de 26% des sidéens séropositifs pour la
toxoplasmose vont développer une encéphalite suite au réveil d'une
ancienne infection. Leur
cas va exiger un traitement immédiat et continu, sinon la mort s'ensuit
à court terme. Il en va de
même chez toutes les personnes dont le système immunitaire est
affaibli de façon prononcée pour une raison de thérapie ou de santé.
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Les
aliments
Comment les humains
s'infectent-ils? Par leurs
aliments : tout aliment d'origine animale peut-être porteur du
parasite. À cause des
habitudes hygiéniques des chats, les sols et les bâtiments où sont élevés
les herbivores peuvent être contaminés par les oeufs du parasite, et
les animaux qui y vivent peuvent s'en infecter.
On retrouve la toxoplasmose chez pas moins de 200 espèces
animales: poulet, porc, mouton, chèvre, boeuf , etc., et les rats et
souris évidemment. La
meilleure viande qui arrive dans votre assiette pourrait aussi contenir
le parasite et vous infecter, si on ne prend pas la précaution
essentielle de la faire cuire adéquatement.
Quelles sont les viandes les plus susceptibles de nous contaminer
: celles qui viennent d'animaux élevés à l'extérieur ou avec un
certain contact avec des chats errants : porc, agneau, chevreau, poule,
et à moindre degré, le boeuf et le cheval.
Malheureusement, tout animal élevé de façon artisanale,
les poules élevées à l'extérieur par exemple, est hautement
susceptible d'être infecté. Il
en va de même avec nos légumes. Les
chats recherchent les jardins, les carrés de sable où jouent les
enfants, les endroits où on cultive les fleurs pour y enfouir leurs
excréments. Les enfants
pourront récolter des oeufs du parasite, oeufs tellement petits, qu'ils
en sont invisibles, et les ingérer; on pourra également récolter des
oeufs sur nos mains en jardinant; on pourra ingérer ces oeufs sur nos légumes
et nos fruits du jardin si on ne prend pas soin de les laver abondamment
ou de les faire cuire.
La majorité des experts
qui se sont penchés sur la question sont d'accord pour affirmer que
l'alimentation est de loin la principale source d'infection chez
l'humain.
Les
chats
Le chat semble ainsi la seule
source d'infection de cette maladie et il semble alors logique de le
craindre. Ce sont surtout
les jeunes chats qui chassent qui vont acquérir l'infection; ils vont
produire des oeufs du parasite pour une période de 2 semaines seulement
et n'en produiront vraisemblablement plus pour le reste de leur vie.
Ces chats infectés ne sont pas malades; ils enfouissent leur
excréments généralement, nous évitant du même coup le contact avec
des oeufs dangereux.
Un chat gardé à l'intérieur et nourri de nourriture
commerciale exclusivement n'a aucune chance de contracter la maladie.
La majorité des chats d'intérieur ne seront jamais infectés.
Environ les deux tiers des chats errants ont déjà eu
l'infection. Les chats de
tout âge sont susceptibles de s'infecter et de produire des oocystes
mais la production sera maximale chez ceux dont l'âge se situe entre 6
et 14 semaines.
Le chat atteint de toxoplasmose ne démontre
qu'exceptionnellement des signes cliniques.
En absence de diarrhée, il y a peu de chance que les matières fécales
collent à l'anus de l'animal. De
même, le chat lèche sa fourrure régulièrement, et y enlèverait tout
oocyste collant à ses poils. De
plus pour que ces oocystes soient dangereux, il faut qu'ils subissent
pendant au mois 24 heures une maturation en présence d'oxygène.
Donc, le contact direct avec un chat, ne représente aucun
risque réel de transmission du parasite.
Le chat enfouit ses
selles dans du sol ou toute matière meuble.
Les oocystes ne sont donc pas immédiatement disponibles pour la
transmission. Ce
comportement place toutefois les éléments parasitaires à l'abri des
conditions néfastes telles le soleil ou la dessication.
La durée de survie pourra atteindre dans ces cas probablement
plus d'une année.
Le chat a souvent l'habitude d'aller déféquer dans les
jardins; à cause des habitudes de jardinage, le sol y est
exceptionnellement meuble, bien oxygéné, bien drainé et arrosé régulièrement,
ce qui favorise d'autant la survie des oocystes.
Ces derniers pourront être mis en contact avec les légumes ou
fruits qui y sont cultivés, mais divers autres phénomènes pourront également
agir : les vers de terre qui ingèrent du sol pourront les ramener à la
surface, des insectes pourront également aider la dispersion, de même
que les pluies, les vents, le piétinement et les poussières.
Des chercheurs ont tenter de démontrer
que le fait de posséder un chat augmentait les chances de développer
la maladie chez les sidéens. À
la grande surprise des chercheurs, les sidéens qui possédaient un chat
avait moins de problèmes avec la maladie que d'autres qui n'en possédaient
pas. Par ailleurs, on sait que la majorité des gens en France ont
déjà contracté la maladie tandis qu'aux États-Unis, ce nombre ne dépasse
pas 30%; les habitudes alimentaires expliquent mieux ces différences
que le fait de posséder un chat ou non.
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Chez
l'homme
Si on suggère le test sérologique
pour les personnes à risque, il faut faire attention de ne pas donner
un faux sentiment de sécurité aux gens ou de créer une anxiété
injustifiée. Même si la
personne a des anticorps, elle devra respecter les mêmes mesures hygiéniques
élémentaires. On a pu démontrer
l'infection congénitale répétitive chez la chienne, la chèvre ainsi
que chez plusieurs espèces d'animaux de laboratoire.
On ne l'a jamais démontré chez l'homme, mais il ne faudrait pas
s'y exposer inutilement.
Chez
l'animal
Le chat n'excrète des oocystes
que pendant deux semaines. Il
pourrait en excréter à nouveau sous l'effet d'une immunodéficience
marquée. La corticothérapie
chronique ainsi qu'une maladie débilitante grave pourrait permettre
l'excrétion de quelques kystes. On
a mentionné que l'infection avec Isospora pouvait entraîner une
nouvelle production d'oocyste mais le nombre de formes infectieuses qui
avait été administré ne reflétait absolument pas la réalité, et,
de toute façon, cette infection survient habituellement chez de très
jeunes animaux.
Si on laisse le chat aller à
l'extérieur, la sérologie peut rassurer les gens. Attention aux faux sentiments de sécurité qui peut faire
croire aux gens qu'ils peuvent abandonner les mesures d'hygiène élémentaire
qui permettent facilement d'éviter la contamination.
La présence d'anticorps anti-toxoplasma n'est pas une garantie
permettant de mettre de coté les mesures hygiéniques de base.
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Comment alors se protéger adéquatement
de cette infection? Par des
mesures d'hygiène normales. Tout
aliment d'origine animale devrait être adéquatement cuit; on ne parle
pas ici d'une cuisson exagérée puisque 60 degrés centigrades pendant
15 minutes est suffisant pour détruire le parasite.
On devrait prendre comme point de repaire de faire disparaître
toute trace de rosée, même et surtout avec le porc, contrairement à
la publicité actuelle. Les
légumes et les fruits devraient être lavés avec beaucoup d'eau ou être
cuits s'il y a lieu.
On devrait se laver les mains
correctement avant de manger, surtout si on a jardiné auparavant. Cette
recommandation est à mettre en application surtout chez les enfants qui
ont une hygiène parfois déficiente.
Le carré de sable des enfants devrait également être protégé
d'une toile, lorsque personne ne l'utilise, pour décourager les chats
ou autres animaux de venir y déféquer.
Enfin il est complètement inutile de se débarrasser du
chat de la maison parce qu'il y a une personne enceinte qui y habite.
Si on ne donne que de la nourriture commerciale ou de la
nourriture de table cuite d'une façon propre à nous protéger nous mêmes,
au chat, alors il n'y a aucune possibilité de s'infecter à partir de
cet animal. Si le chat va régulièrement
à l'extérieur, une bonne hygiène de la litière s'impose.
Les litières utilisées de nos jours favorisent moins le développement
et la survie du parasite, car l'humidité est un facteur primordial à
la sporulation des oocystes. Le sable colle bien aux matières fécales et les assèche
rapidement; sans humidité, le parasite ne peut se développer.
Comme les selles du chat sont habituellement dures et restent
bien formées, si on prend soin de les enlever à tous les jours, la
protection sera maximale.
En conclusion, on peut se protéger
facilement et adéquatement contre cette infection, en surveillant notre
alimentation et en adoptant des mesures d'hygiène qui vont d'ailleurs
nous protéger contre toutes sortes d'infection et pas seulement la
toxoplasmose.
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